Les Actus Péchavy Energie

Le pétrole baisse dans un marché inquiet sur la demande Chinoise

20 Octobre 2015

Les cours du pétrole ont baissé lundi à New York, le marché semblant découragé devant la décélération confirmée de la croissance économique chinoise, qui fait craindre pour la demande en l'absence d'éléments laissant attendre un repli de l'offre.

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Les cours du pétrole ont baissé lundi à New York, le marché semblant découragé devant la décélération confirmée de la croissance économique chinoise, qui fait craindre pour la demande en l'absence d'éléments laissant attendre un repli de l'offre.

Le cours du baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en novembre a perdu 1,37 dollar à 45,89 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex). A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre a perdu 1,85 dollar à 48,61 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE).

C'est la poursuite du mouvement de baisse la semaine dernière", a noté Kyle Cooper, de IAF Advisors, notant que le marché n'avait "pas pu rester sur l'élan" qui avait permis aux cours de rebondir vendredi. "La Chine est la chose principale aujourd'hui, il n'y avait rien d'inspirant dans les chiffres de la production industrielle et cela donne un ton négatif pour commencer la semaine", a déclaré pour sa part Phil Flynn, de Price Futures Group. La production industrielle a fortement ralenti en septembre dans la deuxième économie mondiale pour s'afficher en hausse de 5,7% sur un an, contre 6,1% en août, et la croissance du produit intérieur brut de l'ensemble du troisième trimestre s'est établie à 6,9%, sa pire performance depuis 2009.

Aux Etats-Unis, "un début médiocre de la saison des résultats d'entreprises pèse sur le moral" des investisseurs et contribue également à pousser les cours en baisse, a jugé pour sa part Matt Smith, de ClipperData. Enfin du côté de l'offre, le marché attend des signes tangibles d'un resserrement qui tarde à se manifester.
 
"On prévoit que les choses vont s'améliorer à long terme, mais la réalité, semaine après semaine, c'est qu'il n'y a pas de resserrement", a souligné Kyle Cooper, en faisant particulièrement référence aux chiffres hebdomadaires du ministère américain de l'Energie (DoE) sur les stocks et la production de brut aux Etats-Unis.
 
"On n'a pas besoin d'avoir des chiffres qui poussent franchement à la hausse, mais il faudrait au moins une tendance qui soit moins baissière", a-t-il dit, alors que les stocks de brut se sont affichés en hausse plus forte qu'attendu deux semaines de suite.
 
Enfin, "avec l'Iran qui commence à mettre en oeuvre l'accord sur le nucléaire conclu en juillet, le marché se prépare à un surcroît d'offre, puisque l'Iran se dit en mesure de produire 3,4 millions de barils par jour (mbj) six à sept mois après la levée des sanctions, contre 2,8 mbj ces derniers mois", a noté pour sa part Tim Evans, chez Citi.
 
De plus la réunion technique entre membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et pays hors-Opep, qui se tiendra à Vienne mercredi, ne devrait pas se traduire par des actions significatives pour le marché, préviennent des analystes. Cette réunion avait été annoncée le 9 octobre par le Venezuela, membre de l'Opep, et l'invitation a été lancée à tous les pays de l'Opep ainsi qu'à l'Azerbaïdjan, le Brésil, la Colombie, le Kazakhstan, le Mexique, la Norvège, Oman et la Russie.

Si le Mexique a pour sa part confirmé sa présence, et que la Russie y est attendue, certains pays pourraient choisir de décliner l'invitation, à l'instar de l'Azerbaïdjan par exemple, selon les analystes du courtier PVM.

La clef (d'un éventuel accord sur des baisses de production) se trouve dans la Russie, et dans le fait que ce pays ainsi que l'Arabie saoudite, chef de file de l'Opep, puissent surmonter leur méfiance réciproque, explique-t-on chez PVM.
 

Faut-il parier sur un rebond des cours du pétrole ?

11 Septembre 2015

Après leur forte baisse de l’été, les cours du pétrole ont connu un bref rebond à la fin du mois d’août. Le baril WTI est ainsi repassé au-dessus des 45 dollars. Est il opportun de parier sur un rebond plus durable de l’or noir?.

Le baril de ...

Après leur forte baisse de l’été, les cours du pétrole ont connu un bref rebond à la fin du mois d’août. Le baril WTI est ainsi repassé au-dessus des 45 dollars. Est il opportun de parier sur un rebond plus durable de l’or noir?.

Le baril de pétrole américain (WTI) reste toujours à des niveaux historiquement faibles depuis 2009 malgré son rebond de 38 dollars à 46 dollars en l’espace d’une semaine. C’est peu dire que le pétrole est redevenu bon marché. Au point de penser que le point bas a déjà été atteint ?

« La violente chute des cours du pétrole peut paraître excessive », remarque en effet Aurel BGC dans son point mensuel publié mercredi 9 septembre. Le courtier rappelle que les niveaux de l’or noir correspondent désormais aux prix qui prévalaient en 2009, à une époque où les doutes sur la croissance mondiale étaient beaucoup plus prégnants qu'aujourd’hui. À cette époque, on enregistrait une véritable baisse de la demande mondiale de pétrole, ce qui n’est pas le cas de nos jours malgré les interrogations sur la Chine.

Plusieurs bonnes raisons à une chute des prix

Expliquant malgré tout le récent parcours des prix de l’or noir, Aurel BGC rappelle que « par rapport à 2009, il existe un élément différent : un excès d’offre. Contre toute attente, l’offre mondiale de pétrole a été très inélastique à la récente chute des cours. La production de pétrole aux Etats-Unis a continué à croître jusqu’au début du printemps et l’OPEP n’a pas réduit sa production ».

Les entreprises productrices de pétrole ont en effet augmenté leur production pour compenser les baisses de revenus liées à la baisse des cours, entraînant un cercle vicieux pour la tenue des prix. Tout ceci dans un contexte plus large d’intérêts politiques pour conserver des parts de marché.

Par ailleurs, « le second élément expliquant la faiblesse des prix du pétrole est liée aux incertitudes sur la croissance en Chine ». En-dehors des inquiétudes conjoncturelles qui expliquent la chute du pétrole cet été, la croissance de l’économie chinoise s’appuie de plus en plus sur le secteur des services et moins sur l’industrie. La demande de pétrole de ces activités est moins forte. Structurellement, la demande de matière première, dont de pétrole, de la Chine, sera moins forte.

Les catalyseurs de la baisse s’essoufflent

Il est difficile d’anticiper un rebond durable des prix énergétiques sans la publication de statistiques plus favorables sur l’économie chinoise… A court terme, les investisseurs ont sanctionné les fortes incertitudes sur l’ampleur du ralentissement chinois. Mais la question d’un "excès" de pessimiste sur cette économie et la demande de pétrole d’ici la fin de l’année se pose clairement.

« À court terme, les cours du pétrole devraient rester très volatils, mais un rebond des cours dans les prochains mois ne semble pas impossible ». La même source ajoute plus loin : « le moindre signe de rebond des PMI [indices d’activité] chinois se traduira par un rebond des cours du pétrole ». Or, poursuit le courtier, « notre sentiment est que les discours sur la croissance du pays sont excessivement pessimistes et que d’ici la fin de l’année les enquêtes PMI devraient se redresser ».

En somme, Aurel BGC affirme que « le marché du pétrole devrait s’assainir d’ici la fin de l’année. L’offre de pétrole, certes avec du retard et plus lentement qu’anticipé, devrait diminuer progressivement. Le maintien des cours du pétrole à 40$ n’est pas tenable pour de nombreux producteurs, mais un retour des cours vers les 80 $ est aussi difficile à anticiper. Entre ces deux extrêmes, les cours du pétrole ont clairement un potentiel de rebond ».